Pourquoi nous en sommes sortis

mercredi 15 août 2012
par  ps
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Notre première intention était d’exposer longuement les raisons et les circonstances de notre départ, mais la compré­hension de cet exposé n’aurait été possible que pour les rares "initiés" et notre propos n’est pas un règlement de comptes personnalisé -même si des intérêts personnels (financiers et politiques) étaient en jeu- aussi ne nous cantonnerons-nous que dans l’essentiel.

LES FAITS,

L’aspect financier de la L.B.C. a toujours été assez pré­caire. La première année avait été positive mais il avait fallu faire très largement appel aux emprunts (cf. 2e partie) pour maintenir à flots la librairie. La situation était donc stabili­sée pour le début de l’année universitaire 73-74 -année qui se devait d’être bonne sur le plan commercial : l’objectif visé était de dépasser les 2 millions d’A,F, mensuel. Malgré de gros efforts de constitution de stock, de réduction des charges, de mise sur pied d’un secteur de diffusion, le chiffre d’affaire n’a jamais atteint les espérances et même n’a fait que diminuer par rapport à l’année précédente, si bien que l’équilibre finan­cier et l’existence même de la librairie étaient menacés. Face à cette situation deux tendances se sont affrontées :

- Liquidation et éventuellement réouverture sous une au­tre formule.
- Continuité avec "projet politique" nouveau.

Rappelons que la L,B,C, avait été créée par 10 groupes et que progressivement ceux-ci s’étaient désintéressés et distan­ciés d’elle, Paradoxalement , la librairie ne vivait que par la volonté personnelle de son initiateur et la présence d’un petit groupe qui assurait la majorité du travail : LA MARGE, situa­tion équivoque donc pour une coopérative et qui n’a pas manqué de faire crier les putois quand il s’est agi de la fermeture.

Nous avons préféré nous retirer,-ne nous considérant pas propriétaire de la chose "L.B.C." et lassés des polémiques et querelles intestines des "officines" strasbourgeoises,

Exposer le nouveau projet "politique" n’est pas de notre propos, nous laissons ce soin à la nouvelle équipe et à son organe" populaire : USS’M FOLLIK- (Abonnement 1 Rue des Veaux 67000 Strasbourg).

Cependant, notre départ nous amène à formuler quelques ré­flexions pour clore le sujet.

La diffusion n’a pas donné toute satisfaction, ce pro­blème reste primordial pour nous car il est indispensable de sortir du ghetto groupusculaire et marginalisé sans pour autant entrer dans la massmédiatisation spectaculaire.

Une librairie ne peut absolument pas se substituer aux luttes, ni même servir les luttes, car les impératifs commerci­aux ne lui laissent guère de marge. De plus l’information n’est,
dans son idéologie groupusculaire et syndicale, qu’un moyen de réintroduire la loi de la valeur dans les luttes. Par ailleurs, des entreprises comme la L.B.C, demeurent très fragiles et ne sont guère possibles qu’en période d’extension du capital.

Quand ce­lui-ci est en crise (ou en période de régression ou de latence) il ne tolère plus à sa périphérie d’entreprises non rentables. Ceci est une réalité que le "politique" oublie trop facilement.

En dernier lieu, notons la composition sociologique des "in­formateurs" ; nous y retrouvons en concentration étonnante les MEDIATEURS d’antan sous une nouvelle défroque, ce qui ici en Alsace, pourrait s’intituler tout simplement la GAUCHE CONCORDA­TAIRE.

"Aux prêtres rouges s’unissent les bureaucrates oecuméniques"

DE LA MARGE A VROUTSCH série LA MARGE.

La Marge n’a jamais été un groupe fondateur de la L.B.C. la revue a une double origine.

1)- Lors de la scission interne à AGALSI (Agence de Presse Alsacienne) dûe essentiellement à la pratique impéria­liste et affairiste de certains membres pour la mise en œuvre
prématurée et irréfléchie) d’un hebdomadaire populaire : USS’M FOLLIK, et de son support commercial Imprimerie Populai­re Alsacienne (I.P.A, une coopérative aussi) quelques individus ont rejoint un autre projet en cours de gestation avec l’inten­tion de continuer le travail d’AGALSI et surtout d’approfondir une réflexion sur l’information et ses vecteurs.

2)- La L.B,C, avait, dès sa création, l’intention d’é­diter, mais en raison de l’hétérogénéité des groupes, il avait été décidé que chaque groupe serait "autonome" et que la L.B.C. n’interviendrait qu’au niveau des relations avec l’imprimeur et la diffusion. LA MARGE était l’un de ces collectifs, puis très vite, le seul, ce qui a évidemment provoqué des équivoques.

Est donc paru un premier No de LA MARGE sur les free clinics aux U.S.A (épuisé) .
La revue avait deux objectifs,
- servir de support à des groupes et ­individus pour relater leur expérience
- faire de l’édition des textes plus théoriques.

Parallèlement, une autre revue cohabitait, au sein de la L.B.C., avec LA MARGE : VROUTSCH , journal underground très lar­gement connu dans les milieux marginaux.

Pour ne pas s’enfermer dans un mythe et s’étouffer VROUTSCH a décidé d’ouvrir ses pages, le premier résultat fut le No sur l’AUTOCONSTRUCTION (épuisé).

VROUTSCH et LA MARGE ont ensuite regroupé leur titre afin de sim­plifier les problèmes techniques et légaux.

VROUTSCH est donc maintenant un collectif de revues dans lequel chaque équipe y est indépendante et c’est le collectif LA MARGE qui, en ce moment, assure les relations avec l’impri­meur, du fonctionnement courant et de la diffusion aux librairies. A VROUTSCH , s’est donc joint LA MARGE, une série PSYCHIATRIE. D’autres projets sont en cours : (DISSIDENCE, Revue théorique anarchiste).

LA MARGE, est devenue une petite équipe ayant 2 objectifs.

- Assurer le fonctionnement et la fabrication des "VROUTSCH" et la diffusion, continuant ainsi ce qui avait été commencé au sein de la L.B.C,

- Etre un moyen d’expression pour les membres du grou­pe en même temps de réédition de textes. LA MARGE est une revue/ groupe de "formation" et de discussion tendant à une cohérence susceptible de favoriser et de réaliser un projet ultérieur. Nous ne sommes en aucun cas, un organe détenant et engrossé de la juste ligne/théorie, et par ailleurs, nous ne visons pas au monolithisme, LA MARGE se veut être un centre de réflexion, de critique, de compréhension. Son lieu géographique et humain n’est pas exclusif, si d’autres groupes ou revues nous semble plus aptes à favoriser une réflexion/praxis sur un point nous ne voyons aucun intérét à entrer en compétition.