L’ANARCHISME COMME SUJET HISTORIQUE NON MODIFIABLE

lundi 2 janvier 2012
par  ps
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Pour répondre à ces questions, il faudrait selon nous dégager et éclaircir la NATURE HISTORIQUE de l’anarchisme. C’est justement de cette apparente contradiction formelle entre deux termes (la nature exprimant presque une idée de répétitivité et l’histoire celle du changement), c’est donc de ce jeu de mots contradictoire qu’il est possible de partir pour une explication utilisant analogiquement cette expression. A la différence de tout autre mouvement politique et social, l’anarchisme, au cours de son développement historique, N’EN EST JAMAIS VENU A MODIFIER OU A REMPLACER SES FINA LITES ORIGINELLES. Il a toujours été présent à l’histoire, c’est-à-dire comme sujet historique non modifiable : en cela réside tout son "extrémisme". Cela ne l’a pas empêché de croître et se modifier puisque cette croissance et cette modification ont surtout concerné son interlocuteur historique. Ayant de tous temps été l’interlocuteur des masses opprimées, l’anarchisme a évolué et s’est modifié à mesure que le tissu historique, social, politique, ethnologique de celle-ci s’est transformé. Des ouvriers parisiens de la Commune aux artisans suisses du Jura, des paysans d’Andalousie aux ouvriers catalans, des moujiks russes aux ouvriers de l’I.W.W., l’anarchisme, alors qu’il évolue HISTORIQUEMENT en fonction des sujets historiques représentés (d’où son pluralisme), reste IDEOLOGIQUEMENT identique à lui-même quant à l’objectif final (d’où son "utopisme" ) : l’émancipation intégrale.

Cette définition peut sembler passablement schématique, et elle l’est sil’on regarde te près certains événements (il suffit de penser à l’entrée de quelques "anarchistes" espagnols au gouvernement), mais elle reste valable Si l’on considère globalement le cours du développement historique de l’anarchisme. Dans ce cas, la continuité apparaît linéaire. ininterrompue. Du reste, c’est la seule méthode valable pour une historiographie de l’anarchisme, car c’est la seule à donner un critère permettant d’évaluer la cohérence théorique (le ce dernier par rapport à son action historique. A l’intérieur même de cette dimension, on doit également mesurer celle relative au rapport entre mouvement anarchiste et contexte historique général, dans la mesure où ce dernier est plus un élément permettant de QUANTIFIER la perspective historique, alors que 1’ anarchisme au contraire permet de QUALIFIER, dans cette quantification, les moments répétés de passage des temps historiques aux temps révolutionnaires. En dernière analyse. le point de référence reste toujours l’action historique de l’anarchisme. Et. en vertu de la considération exposée plus haut, il le reste pour N’AVOIR PAS REMPLACE OU MODIFIE SES FINALITES ORIGINELLES AU COURS DE SON DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. En somme pour avoir proposé, dans la praxis de la POSSIBILITE PROJECTUELLE, l’explication et la réalisation du changement historique en fonction des besoins des masses opprimées : la libération de toutes leurs capacités créatrices à travers l’affirmation que n’est pas protagoniste de l’histoire une classe en particulier, mais LA PRATIQUE REVOLUTIONNAIRE, LIBRE ET EGALITAIRE DE CELLE-CI. En se présentant ces cent dernières années comme un spectre identique à lui-même, l’anarchisme nous a fait voir les multiples couleurs de l’exploitation et de l’inégalité qui se sont réfractées dans sa continuité.

Nico BERTI -

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