Conseils ouvriers et utopie socialiste

mardi 5 juillet 2005
par  ps
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Ces textes m’ont été fourni par Gaël C.
Tous ceux qui ont scanné et contrôlé des textes sauront la somme de travail que cela représente.
Qu’il en soit remercié.

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LIMINAIRE

Dans le déluge d’idées et de phrases provoqué par la révolte de Mai, un mot a émergé qui aurait pu se changer en cri de ralliement et donner son vrai sens au mouvement déclenché on ne sait trop comment ni pourquoi.

PREMIERE PARTIE :

REFLEXIONS A PROPOS
de la REVOLTE DE MAI

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Seul l’avenir du mouvement ouvrier décidera du sort du mouvement de Mai 1968. Ce que celui-ci fut ne sera révélé qu’au moment où le dernier mot sera dit sur le socialisme. Chercher la signification objective des journées de Mai est une entreprise vaine et trahit chez ceux qui s’y livrent une curiosité contemplative sans la moindre prise sur la réalité.

DEUXIEME PARTIE :

SYNDICATS ET PARTIS OUVRIERS
au service
DE L’EXPLOITATION CAPITALISTE

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Les leaders des bureaucraties ouvrières et ceux des minorités d’extrême-gauche s’accusent mutuellement de s’être conduits pendant la crise en « alliés objectifs » du pouvoir gaulliste. Les premiers soulignent la légitimité d’une direction que les seconds contestent : les chefs auraient trahi la mission qui leur aurait été confiée par la base.

Le mouvement de Mai et les organisations ouvrières. En Mai, la grève, par son étendue et sa profondeur, a laissé loin en arrière l’exemple de 1936 ; en quelques jours, tout le corps économique et administratif du pays s’est trouvé paralysé et le gouvernement s’est vidé progressivement de tout pouvoir de décision effectif. Ce n’est plus seulement pour des revendications de salaire que les jeunes ont déclenché l’action, mais avec l’intention de transformer d’une manière irréversible « quelque chose » qu’ils n’ont pas su toujours nommer.
Le mouvement communiste international, les luttes ouvrières et la guerre du Vietnam.

En s’érigeant en gardiens de l’ordre établi, syndicats et partis ouvriers comblaient les vœux de la bureaucratie moscovite que l’anti-américanisme de de Gaulle satisfait pleinement. Car si la Pravda n’a pas eu assez d’insultes pour dénoncer les « aventuristes de gauche »18, étudiants et jeunes travailleurs coupables de résister dans la rue aux mercenaires de l’Etat capitaliste, elle s’est montrée d’une singulière modération dans ses attaques contre un régime dont la sympathie pour la Russie et les pays de l’Est n’est un secret pour personne.

Nationalisations et participation.

Ainsi, à l’Ouest comme à l’Est, en Russie comme en Chine, en Chine comme aux Etats-Unis, à Cuba comme en Yougoslavie et au Vietnam du Nord comme en France, il est clair que les rapports immédiats entre les maîtres des conditions et des moyens de production et les producteurs directs, prolétaires et paysans, sont fondamentalement les mêmes et que l’oppression qui en résulte détermine toute la structure sociale et nécessite partout l’intervention de l’Etat et de ses organes de répression.

L’économie politique du capital et la fonction des organisations ouvrières.

On n’a pas manqué de découvrir, après coup, les causes économiques de la grève de Mai et de la révolte des étudiants et de s’appesantir sur la transformation structurale que le capitalisme français a subi depuis la prise du pouvoir par de Gaulle. Crise de croissance ou essoufflement du régime, tension due à un chômage chronique ou à une politique sociale particulièrement maladroite, toujours est-il que quelque chose s’est passé que nul n’a su prévoir et contrôler et qu’aucune analyse économique ne peut expliquer de manière exhaustive.
Le mouvement syndical et la masse inorganisée.
La situation actuelle a mis en lumière deux faits d’une égale importance : d’une part, elle a permis de mesurer l’étendue de la puissance que le développement de l’industrie moderne a concentré entre les mains du prolétariat ; producteur de toutes les richesses, il peut paralyser la société en cessant de travailler, et cette forme de contestation passive, sans être suffisante pour abattre l’Etat capitaliste, peut mettre en danger le fonctionnement de l’économie capitaliste.


Le parti révolutionnaire.

L’ampleur des luttes a révélé la perfection et la souplesse des syndicats capables de reprendre momentanément à leur compte les revendications les plus radicales des masses pour conserver la direction du mouvement, capables au besoin de se livrer avec les partis ouvriers à une surenchère démagogique destinée à contrebalancer l’influence des minorités d’extrêmegauche ; on devine ainsi sur quelles bases utopiques et opportunistes repose l’appel à la création d’un parti authentiquement révolutionnaire.

Etudiants et minorités révolutionnaires.

Destinés à devenir les idéologues de la société capitaliste, sinon ses chiens de garde, mais n’ayant pas encore subi les contraintes insurmontables d’un milieu social privilégié, futurs
dépositaires de la culture bourgeoise et de ses servitudes stérilisantes, mais assez jeunes encore pour ressentir ses insuffisances et esquisser sa critique avant qu’il ne soit trop tard, les étudiants ont montré que dans une certaine conjoncture sociale leur révolte était susceptible d’éveiller un écho profond dans le monde du travail.
Conscience ouvrière et
groupes de discussion.

Que tout ait paru un instant possible ne doit pas nous faire oublier ce qui était réalisable à un moment donné. Aussi, appeler à la remise en marche, au profit des grévistes, de certains secteurs de la vie publique relève de l’opportunisme ou de l’utopie pure et simple pour autant que l’Etat et sa police restent en place, pour autant que les syndicats et les partis continuent d’exercer leur contrôle sur le déroulement du conflit.


Le socialisme des conseils

C’est parce que les ouvriers dans leur ensemble ne sont pas maîtres de leurs moyens de production et sont impuissants à décider eux-mêmes du contenu de leur travail et de leur existence, que les délégués syndicaux détiennent une partie du pouvoir qui échappe au travailleur ; c’est parce que la classe ouvrière ne peut pas se défendre en permanence ellemême
que certains travailleurs sont investis d’un pouvoir qui, souvent en dépit de leurs intentions, donne naissance à la bureaucratie syndicale.

TROISIEME PARTIE : UTOPIE et REVOLUTION

La grande mystification.

Deux concepts sollicitent la méditation socialiste, parce qu’ils impliquent des problèmes qui sont d’une urgence permanente : l’utopie et la révolution. On a rarement examiné, sauf pour les
rejeter en bloc ou n’en accepter qu’un terme, ces deux problèmes dans leur rapport d’affirmation et de négation réciproque, c’est-à-dire dans leur rapport dialectique : qui pose la révolution semble exclure ou rejeter l’utopie


Retour aux sources.

Le marxisme n’est pas toute l’idéologie du socialisme. Il n’en est pas non plus toute la pensée. Aussi bien dans ses aspects éthiques que dans ses prétentions théoriques, la pensée socialiste remonte à la révolution industrielle commencée en Angleterre dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Elle se présente dès l’abord avec tous les caractères d’un nouvel évangile, d’un message de libération et de salut terrestres, en un mot d’une nouvelle éthique.

Conclusion .

L’utopie et la révolution sont les deux : coordonnées historiques du mouvement ouvrier, les deux modes d’intuition de la pensée socialiste : l’utopie, c’est la dimension de l’espace ; la volution, c’est la dimension du temps. C’est dire que pour se réaliser, le mouvement socialiste doit se penser comme utopie et comme révolution, l’un étant inséparable de l’autre.

LES CONSEILS OUVRIERS

Le texte qui suit se compose de trois chapitres de la première partie du livre d’Anton Pannekoek, Les conseils ouvriers. L’ouvrage parut à Melbourne, Australie, en 1954. Le texte original, en hollandais, fut publié en 1946, sous le titre : De arbeidersraden (De Flam, Amsterdam), l’auteur ayant choisi un pseudonyme : P. Aartsz.

LE CHAPITRE VII

LES CONSEILS OUVRIERS

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A. Pannekoek

L’organisation des conseils
Le système social dont il est question ici pourrait être appelé du nom de communisme si ce nom n’était utilisé dans la propagande mondiale du « Parti communiste » pour désigner son système de socialisme d’Etat, sous une dictature du parti. Mais qu’est-ce qu’un nom ? On abuse toujours des noms pour tromper les masses les sons familiers les empêchant de penser d’une manière critique et d’apprécier clairement la réalité.

Notes


Documents joints

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